Depuis plus de deux millions d’années, les graisses animales constituent un moteur central de l’évolution humaine. Elles offrent un carburant exceptionnellement dense en énergie, indispensable à la survie et au développement physique et cérébral de nos ancêtres. Dès le Paléolithique, les premiers hominidés puis les chasseurs-cueilleurs exploitaient la moelle osseuse et d’autres ressources animales pour soutenir l’expansion de leur cerveau et de leurs capacités cognitives. Cette histoire, indissociable de la biologie humaine, se poursuit avec l’arrivée de l’élevage et de la domestication, qui ont garanti un accès continu à cette ressource nutritive fondamentale.
Pourtant, le XXe siècle a été marqué par un basculement progressif vers une alimentation dominée par les glucides et les huiles végétales, accompagné d’une diabolisation infondée des graisses saturées. Les recommandations nutritionnelles officielles, héritières d’études contestées et de raisonnements simplistes sur le cholestérol, ont marginalisé les lipides animaux au nom de la prévention cardiovasculaire. Or, les recherches récentes, anthropologiques et médicales, montrent que la graisse animale est parfaitement adaptée aux besoins physiologiques humains. Elle joue un rôle clé dans la structure des membranes, la production hormonale, la performance cérébrale et la régulation immunitaire, tout en fournissant l’énergie nécessaire au fonctionnement du corps.
Cette série d’articles propose d’explorer la place des graisses animales dans notre alimentation, en s’appuyant sur plusieurs axes :
- Une analyse évolutive, retraçant le rôle central des lipides animaux dans le développement humain, depuis le Paléolithique jusqu’à l’industrialisation.
- Un éclairage scientifique vulgarisé sur la biologie du gras, distinguant les types de lipides, leurs fonctions physiologiques et l’impact réel des acides gras saturés.
- Une critique des idées reçues sur le risque cardiovasculaire, fondée sur une analyse réaliste du rôle du cholestérol et des lipides dans l’organisme.
- Une perspective écologique et éthique, distinguant l’impact destructeur de l’élevage hors-sol dépendant des monocultures du modèle régénératif des pâturages et de l’agroforesterie.
À travers l’histoire du porc, du bœuf, de la volaille et du beurre, on peut découvrir que le problème n’est pas la graisse animale elle-même, mais les conditions de sa production. Sa provenance, son mode d’élevage et l’équilibre écologique qui l’accompagnent définissent sa véritable valeur, tant pour la santé humaine que pour la planète.