Les produits laitiers sont-ils vraiment écologiques ?
Le lait joue un rôle essentiel, mais temporaire, dans la vie des mammifères. Il est destiné à nourrir les petits durant les premières semaines ou les premiers mois de leur existence. Lorsque l’être humain s’est sédentarisé, il y a plusieurs millénaires, et qu’il a progressivement développé l’élevage, il a semblé logique de ne pas gaspiller cette ressource nutritive, surtout pendant les courtes périodes de l’année où elle était plus abondante.
Mais était-ce réellement une bonne idée, sur les plans écologique et nutritionnel, de faire du lait un aliment de base, consommé quotidiennement tout au long de l’année ? Était-il nécessaire d’en produire toujours davantage, au point de sortir l’animal de son cycle naturel, de modifier les races pour qu’elles produisent plus de lait, et de le nourrir non plus à l’herbe, mais aux céréales pour accroître la productivité ?
La question n’est pas d’être pour ou contre les produits laitiers, mais de leur redonner une place plus modeste et occasionnelle, pour des raisons écologiques, éthiques et de santé.
Ce n’est pas le produit qui pose problème, mais sa surconsommation au-delà de nos besoins nutritionnels
Une alimentation durable suppose une révision en profondeur de nos choix. La consommation excessive de produits laitiers a largement contribué à l’essor d’un modèle d’élevage intensif, particulièrement nuisible pour l’environnement. Il en va de même pour la viande. Mais attention aux amalgames : ce n’est pas la consommation de viande en soi qui détruit les écosystèmes, mais sa surconsommation, qui dépasse nos besoins réels et rend nécessaire une production à grande échelle, avec toutes les dérives que cela implique.
La viande issue d’animaux nourris à l’herbe, élevés dans des systèmes respectueux des cycles naturels, est un aliment sain, écologiquement vertueux et riche en nutriments essentiels. À l’inverse, une alimentation végétale, bien moins dense nutritionnellement, nécessite une augmentation massive de la production, donc plus de terres, plus de cultures intensives, et un impact environnemental souvent sous-estimé.
Quant à la viande produite à partir d’animaux nourris au soja ou aux céréales, elle est à la fois moins intéressante sur le plan nutritionnel et bien plus néfaste pour l’environnement.
Aujourd’hui, l’idée selon laquelle il faudrait réduire notre consommation de viande est largement relayée.
Ce message, bien qu’en apparence éthique et séduisant, repose sur une vision partielle et souvent erronée de la réalité. Oui, il est nécessaire de limiter une consommation excessive de produits animaux et de bien les choisir, afin de sortir enfin du modèle d’élevage intensif, intolérable tant sur le plan écologique que sur celui des conditions de vie animale. Mais inciter à en consommer trop peu crée un déséquilibre inverse. Cela conduit à augmenter massivement la production de végétaux cultivés à grande échelle, avec des conséquences environnementales parfois encore plus néfastes.
Réduire la consommation des produits animaux non essentiels, comme les produits laitiers, est un levier bien plus pertinent.
Or, de nombreuses personnes devenues végétariennes remplacent la viande par une consommation accrue de laitages et d’œufs, qui nécessite de produire des céréales et du soja de manière intensive…
Quant à l’alimentation végétalienne, elle bénéficie d’une image de durabilité et de respect du vivant. Pourtant, elle contribue majoritairement à l’accélération de la destruction des écosystèmes : disparition de la faune sauvage, érosion de la flore locale, appauvrissement des sols. Privé de la densité nutritionnelle de la viande, un régime végétal strict augmente fortement la demande en cultures intensives, favorisant la monoculture et le recours massif aux engrais chimiques. Or, seuls les animaux et principalement les herbivores sont capables de maintenir et de restaurer durablement la fertilité des sols. Tous nos écosystèmes et la vie sur cette planète sont conçus dans cette symbiose animal-végétal.
À première vue, un régime végétal peut sembler plus soutenable, plus vertueux, plus éthique que l’élevage industriel. Mais sur le long terme, il se révèle moins efficace pour préserver les équilibres écologiques que des élevages d’animaux nourris à l’herbe. Ces animaux prennent leur place dans les cycles naturels et remplissent en partie le rôle écologique des herbivores sauvages, aujourd’hui largement éliminés pour laisser place aux cultures.
Il faut aussi rappeler qu’une part importante de la faune sauvage, notamment les herbivores, les insectes, les rongeurs, les oiseaux et les reptiles, est détruite chaque année pour protéger les cultures végétales, qu’elles soient biologiques ou non.
Repenser nos assiettes pour restaurer les écosystèmes
L’équilibre écologique repose sur des choix alimentaires cohérents, ancrés dans le respect du vivant.
Moins de viande, mais de meilleure qualité : cela ne signifie surtout pas remplacer une partie des protéines animales par des protéines végétales, mais consommer uniquement la quantité de protéines dont notre corps a réellement besoin, selon des facteurs précis (poids, âge, activité musculaire, etc.). Il s’agit de manger ni plus ni moins que ce qui est nécessaire, en privilégiant une viande issue d’animaux nourris à l’herbe, élevés en pâturage, qui participent à la régénération des sols et à la diversité des milieux naturels.
La consommation de produits laitiers doit être fortement réduite pour rester occasionnelle. Pour ceux qui ont du mal à s’en passer, en manger moins permet d’opter pour une meilleure qualité. Il faut bannir tous les produits laitiers industriels, issus de vaches, chèvres ou brebis nourries aux céréales, élevées en hangars. Il est essentiel de choisir des produits laitiers ancrés dans les cycles naturels.
Sortons de l’idée reçue selon laquelle les produits laitiers seraient indispensables !
L’être humain serait le seul mammifère à avoir besoin du lait d’une autre espèce pour couvrir ses besoins en calcium ? L’absurdité de cette croyance saute aux yeux. Il existe de nombreuses sources de calcium bien assimilées, sans les effets délétères des laitages.
La viande apporte à elle seule les bonnes graisses et l’essentiel des nutriments nécessaires. Pour ceux qui ne souhaitent pas suivre une alimentation carnivore, l’extraordinaire diversité des légumes permet de compléter efficacement l’apport nutritionnel, et de réduire voire éliminer les céréales, légumineuses, oléagineux et féculents, dont les modes de culture sont dévastateurs pour les écosystèmes.
Si l’on souhaite consommer des fruits, privilégier les petits fruits est préférable, car les cultures fruitières classiques ont un impact écologique lourd sur la faune sauvage. Ce mode d’alimentation équilibré (à base de viande de qualité, de légumes variés et de petits fruits) favorise les petits maraîchers, qui maintiennent une forte biodiversité sur de petites surfaces.
Revenir à la consommation des bonnes graisses animales (issues d’animaux nourris à l’herbe dans les pâturages) permet d’éliminer les huiles végétales riches en oméga-6, néfastes pour la santé. Seule l’huile d’olive semble poser peu de problèmes. En revanche, la culture des plantes oléagineuses, comme le tournesol, favorise la monoculture et appauvrit les sols.
Choisir des viandes grasses issues d’animaux nourris à l’herbe, riches en nutriments essentiels et en énergie de qualité, combinées à une alimentation pauvre en glucides mais riche en légumes variés, représente un choix écologique et de santé fondamental. C’est sans doute la voie la plus fidèle au fonctionnement naturel des écosystèmes, et la seule capable de soutenir durablement la faune et la flore.
Pour tous les produits animaux, le modèle écologiquement vertueux de l’élevage à l’herbe
Dans la propagande anti-viande, la plupart des études hostiles aux produits animaux s’appuient sur une consommation excessive de viande et de produits laitiers, souvent transformés et de mauvaise qualité. Ces critiques concernent à la fois l’impact écologique et les conséquences sur la santé.
À l’inverse, pour vanter les bienfaits des régimes végétariens ou végétaliens, on s’appuie uniquement sur les formes de production les plus vertueuses, tout en ignorant l’impact écologique et sanitaire désastreux qu’aurait un basculement généralisé vers une alimentation encore plus végétale.
Ces études biaisées ne prennent jamais en compte un modèle cohérent de culture et d’élevage : une alimentation saine, écologique, réduite en glucides (céréales, légumineuses, oléagineux, fruits), pauvre en huiles végétales, modérée en produits laitiers et en produits animaux issus d’animaux nourris aux céréales, équilibrée en bonnes graisses et en protéines animales provenant d’animaux nourris à l’herbe et élevés dans des prairies naturelles.
Remplacer les champs de céréales, d’oléagineux, de fruits ou de légumineuses par un écosystème mêlant maraîchage diversifié (légumes et petits fruits) et pâturages, tout en limitant autant que possible les monocultures et la production céréalière, permettrait de restaurer la fertilité des sols et de faire renaître la biodiversité.