Pourquoi boire le lait d’une autre espèce pose problème : les hormones de croissance en question
Le lait est un aliment complexe, conçu naturellement pour nourrir un bébé mammifère et lui permettre de grandir rapidement. Il contient des nutriments essentiels, des anticorps, mais aussi des hormones de croissance, indispensables au développement du jeune animal. Or, ces hormones ne sont pas adaptées à notre physiologie humaine, que ce soit pour les bébés, les enfants, et encore moins à l’âge adulte.
1. Le lait d’une autre espèce contient des hormones de croissance spécifiques à son espèce.
Le lait de vache, de chèvre ou de brebis contient des hormones naturelles, comme l’IGF-1 (Insulin-like Growth Factor 1, ou facteur de croissance analogue à l’insuline de type 1), ainsi que des hormones de croissance propres à chaque espèce, comme l’hormone de croissance bovine. Dans certaines exploitations, on utilise même une version synthétique, le rBST (recombinant Bovine Somatotropin), pour augmenter artificiellement la production de lait. Normalement ces hormones de croissance synthétiques sont interdites en Europe…
Les hormones naturelles présentes dans le lait servent à :
- Stimuler la croissance rapide du veau.
- Favoriser la maturation des tissus (muscles, os, organes).
- Activer la production de protéines et la prise de masse corporelle.
Mais il faut garder en tête que le veau double son poids en quelques semaines : son développement est fulgurant, car son organisme y est préparé. Les hormones contenues dans le lait sont donc extrêmement puissantes et non adaptées à un corps humain, encore moins à un adulte qui n’a pas une croissance dans de telles proportions.
2. Pourquoi ces hormones sont-elles problématiques pour l’humain bébé, enfant et adulte ?
Incompatibilité biologique :
Le système hormonal humain n’est pas conçu pour recevoir en continu des hormones de croissance bovines ou caprines. Ces hormones ont une structure différente de celles que notre corps produit naturellement. En les absorbant régulièrement par l’alimentation, on interfère avec notre propre régulation hormonale, ce qui peut dérégler certains mécanismes essentiels du corps.
Sur-stimulation cellulaire :
L’IGF-1, en particulier, est une hormone très active : elle favorise la division et la multiplication des cellules. Chez un enfant humain, ce processus est normal et souhaitable, mais pas dans les mêmes proportions que chez un veau. Chaque espèce a son propre rythme de croissance, et le lait maternel est spécifiquement conçu pour respecter ce rythme.
Chez l’adulte, une stimulation hormonale excessive peut favoriser :
- Une croissance cellulaire désordonnée.
- Une augmentation du risque de prolifération de cellules anormales.
- Une accélération de processus impliqués dans certains cancers, notamment ceux du sein, de la prostate et du côlon.
De nombreuses études ont mis en évidence une corrélation entre des taux élevés d’IGF-1 et un risque accru de cancer, en particulier dans les populations qui consomment beaucoup de lait et de produits laitiers.
Perturbations métaboliques :
Les hormones de croissance présentes dans le lait affectent également le métabolisme.
- Elles perturbent la régulation de la glycémie.
- Elles interfèrent avec l’action de l’insuline.
- Elles peuvent contribuer au développement d’une résistance à l’insuline, précurseur du diabète de type 2.
- Elles favorisent la prise de poids, en particulier au niveau abdominal
Le lait, souvent perçu comme un aliment sain, peut donc en réalité accélérer certains déséquilibres métaboliques modernes, surtout lorsqu’il est consommé quotidiennement et sous toutes ses formes (yaourts, fromages, crèmes…).
Effets sur le cerveau et le système nerveux :
Les hormones de croissance n’agissent pas uniquement sur les tissus musculaires ou les organes. Elles influencent aussi la synthèse de neurotransmetteurs, ces messagers chimiques qui jouent un rôle dans l’humeur, l’attention et l’énergie mentale.
Des déséquilibres hormonaux fréquents peuvent ainsi contribuer à :
- Une baisse de la concentration.
- Une fatigue mentale persistante.
- Une variabilité émotionnelle plus importante.
- Chez certaines personnes, en particulier les plus sensibles aux perturbations hormonales, le lait peut amplifier les troubles de l’humeur ou les désordres neurochimiques.
Conclusion
Boire du lait ou consommer des produits laitiers provenant d’autres espèces, c’est absorber des hormones de croissance puissantes, conçues pour le développement rapide du veau, et non pour le corps humain — qu’on soit bébé, enfant ou adulte. Ces hormones peuvent perturber notre système hormonal, dérégler notre métabolisme et favoriser l’apparition de maladies chroniques : cancers, troubles métaboliques et déséquilibres hormonaux.
À l’échelle de l’évolution humaine, la consommation régulière de lait est très récente, et notre organisme n’a pas eu le temps de s’y adapter complètement.
Pour préserver sa santé hormonale, métabolique et globale, il est donc essentiel de repenser la place du lait dans notre alimentation, tout au plus un aliment-plaisir occasionnel. Nous n’avons, physiologiquement, plus besoin de lait après le sevrage du lait maternel. Il n’est pas nécessaire de chercher des alternatives, car tous les nutriments qu’il contient se trouvent ailleurs : dans la viande, les bonnes graisses animales et les légumes.
Quant aux substituts végétaux, ils sont souvent déséquilibrés, trop riches en sucres, et posent également de nombreux problèmes.