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Les fruits

Les fruits et l’écologie

18 août 2026
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La production intensive et la consommation de fruits hybrides modernes ont un impact écologique lourd, qui tient à la fois aux modes de culture, aux traitements, à la transformation et au transport, notamment pour les fruits tropicaux. Toutes les variétés de fruitiers modernes ont été sélectionnées pour maximiser leur productivité, avec des rendements élevés par hectare, souvent au détriment de leur robustesse naturelle. Plantés en vastes surfaces de plus en plus denses, avec des arbres ou des pieds rapprochés les uns des autres, ces variétés fragiles deviennent particulièrement vulnérables aux maladies, aux parasites et aux prédateurs. Ainsi, que ce soit en bio ou en conventionnel, ces cultures ne peuvent se passer de traitements massifs, un aspect trop souvent occulté dans les débats sur la consommation de fruits.

 

Les monocultures fruitières et la destruction des écosystèmes

Les vergers conventionnels de fruitiers (pommes, prunes, raisins, poires, pêches, abricots, citrons, oranges, pamplemousses, bananes, mangues, …) sont cultivés en vastes monocultures avec une seule variété fruitière. Cette simplification extrême de la diversité végétale sur de si grandes surfaces retire la nourriture et les abris naturels nécessaires à la survie de la faune et de la flore sauvage. Les populations d’insectes, d’oiseaux, de petits reptiles, invertébrés et mammifères disparaissent dans et autour des parcelles.

En Europe par exemple, l’intensification agricole, incluant les vergers fruitiers, a entraîné une chute de 17 à 19 % du nombre total d’oiseaux en 40 ans, depuis 1980, ce qui représente la disparition de 560 à 620 millions d'oiseaux. "Les huit espèces qui connaissent les plus fortes pertes contribuent à 69 % du déclin." (1) Les baisses sont également très impressionnantes en France pour les oiseaux des milieux agricoles avec un effectif qui a chuté de 30% ces 30 dernières années. (2) Des études soulignent que les pesticides et engrais utilisés dans ces systèmes sont une cause principale de ce déclin, particulièrement chez les oiseaux insectivores dont les proies ont diminué, comme le gobe-mouche gris. Pour les insectes, les populations ont chuté de 70 à 80% dans les paysages agro-industriels mixtes européens, dont les vergers, sous l’effet des pesticides qui perturbent le développement des larves et réduisent les invertébrés terrestres, pollinisateurs et prédateurs naturels. (3)

Sources : 1) Burns, F., Eaton, MA, Burfield, IJ, Klvaňová, A., Šilarová, E., Staneva, A. et Gregory, RD, 2021, "Le déclin de l’abondance de l’avifaune de l’Union européenne révèle des similitudes entre les continents en matière de changement de biodiversité.", revue Écologie et évolution, n°11 ; 2) Programme STOC (Suivi Temporel des Oiseaux Communs), Rapport de synthèse 2021 ; 3) Le Monde, 2023, Biodiversité : les populations d’insectes s’effondrent en Europe.

Ces chiffres illustrent l’impact systémique des monocultures fruitières sur la chaîne alimentaire locale, un phénomène similaire dans le reste du monde où les vergers intensifs de bananes, mangues ou agrumes entraînent des déclins comparables, voire très supérieurs, d’oiseaux et d’insectes lorsque ces cultures se développent dans des zones tropicales à l’origine bien plus riches en biodiversité.

 

Pour produire des fruits dans ces systèmes de production artificielle à grande échelle, le recours à des engrais et aux pesticides (fongicides, insecticides, herbicides, régulateurs de croissance) est nécessaire, quel que soit le type de culture. Cela accentue encore la pression sur le vivant (vers de terre, invertébrés du sol et auxiliaires comme les coccinelles, carabes, araignées, pollinisateurs).

Des travaux menés en milieu tropical sur des cultures intensives traitées au glyphosate montrent par exemple une baisse moyenne de 21% de la richesse spécifique des invertébrés du sol et des diminutions pouvant atteindre -54% pour certains groupes de prédateurs.

Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), 2023, "Le glyphosate réduit la biodiversité de la macrofaune du sol et profite aux espèces exotiques par rapport aux espèces indigènes dans un agroécosystème tropical.", Revue : Basic and Applied Ecology (Elsevier).

Les sols de ces vergers intensifs perdent progressivement leur structure et leur vie microbienne sous l’effet des intrants (engrais, herbicides), du travail du sol et de l’absence de diversité végétale. À long terme, cela conduit à une érosion de la matière organique, à une moindre capacité de stockage d’eau et de carbone, et à une dépendance accrue aux apports extérieurs pour maintenir la productivité.

 

Des études montrent que les sols agricoles intensifs, exposés régulièrement aux herbicides et engrais chimiques, abritent en moyenne environ deux fois moins d’espèces de vers de terre, avec des parcelles où les populations de lombrics sont réduites de moitié ou plus, voire quasiment absentes dans certains champs. Chez ceux qui survivent, les pesticides s’accumulent dans leurs organismes, perturbent leur reproduction et leur croissance, ce qui accélère leur déclin silencieux dans les vergers et les cultures fruitières intensives.

 

La culture fruitière bio, un impact sur l’environnement moins élevé mais pas négligeable

Les vergers biologiques ne recourent pas aux pesticides de synthèse, mais ils restent la plupart du temps cultivés en système de monocultures denses, avec peu de haies, de bandes fleuries ou de mosaïque de cultures. La diversité végétale y est également très limitée (rangées d’arbres, parfois un couvert enherbé) et la faune sauvage y reste infiniment moins abondante que dans des paysages présentant une plus grande diversité végétale. Il existe certes, en bio, davantage de petits producteurs qui cultivent des variétés anciennes et des espaces plus diversifiés, et qui vendent leurs produits sur les petits marchés locaux, mais le bio que l’on trouve dans les supermarchés et les chaînes de magasins bio provient le plus souvent de cultures intensives, certes certifiées bio, qui restent néanmoins destructrices pour la faune et la flore sauvage.

En bio, la protection des fruits repose sur des substances dites naturelles (cuivre, soufre, kaolin, pyrèthre naturel, huiles, extraits végétaux), des lâchers d’auxiliaires, des filets et parfois du piégeage de masse. Plusieurs de ces produits, notamment le cuivre, sont persistants dans le sol et peuvent affecter les invertébrés, les micro‑organismes et certains insectes non ciblés. Même si les quantités de substances actives de synthèse sont réduites par rapport au conventionnel, l’objectif reste le même : obtenir une récolte homogène et parfaite en protégeant l’arbre et le fruit de tout ce qu’on juge nuisible. Or, ce type de protection n’est pas parfait. En voulant éliminer les organismes ou insectes considérés comme ravageurs, on touche systématiquement aussi aux insectes utiles, aux auxiliaires et, plus largement, à la faune et à la flore du sol.

 

Le nombre de traitements annuels des plantations fruitières

La pomme :

Les pommiers figurent parmi les cultures recevant le plus grand nombre de traitements phytosanitaires chaque année.

Selon les données du ministère français de l’Agriculture, certains vergers de pommiers ont bénéficié en 2015 d’environ 35 traitements par an, un niveau déjà observé en 2011. (1) D’autres sources évoquent une moyenne d’environ 27 traitements, ce qui confirme un recours particulièrement intensif par rapport à la majorité des autres cultures fruitières.

1) Agreste (Statistique, évaluation et prospective du ministère français de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire), 2022, Pratiques phytosanitaires en arboriculture du Grand Est en 2018

La majeure partie de ces traitements concerne les fongicides et les bactéricides, qui représentent près des deux tiers des interventions et visent principalement à maîtriser la tavelure et d’autres maladies cryptogamiques. À cela s’ajoutent des applications d’insecticides contre les pucerons, les carpocapses et divers ravageurs, des herbicides utilisés pour maintenir le sol nu ou limiter la végétation sous les arbres, ainsi que, dans certains cas, des régulateurs de croissance ou des produits destinés à limiter le nombre de fruits par arbre. Enfin, les pommes destinées au stockage reçoivent après récolte des traitements supplémentaires de fongicides (comme le pyriméthanil ou le fludioxonil) appliqués par nébulisation ou trempage, afin de prévenir les pourritures et prolonger leur conservation commerciale sur plusieurs mois.

 

Dans les régions à climat tempéré humide de l’hémisphère Nord et Sud, réputées pour la culture intensive de la pomme (zones ouest atlantiques de France, mais aussi Allemagne, Canada atlantique, États-Unis du Nord-Est et Chili côtier), la pression parasitaire est plus forte en raison des précipitations fréquentes, ce qui conduit à des intensités de traitement encore plus élevées. Les campagnes peuvent ainsi atteindre ou dépasser les 40 à 45 passages de fongicides et d’insecticides par an. Chaque épisode pluvieux fragilise la protection antifongique et impose souvent de nouveaux traitements, faisant grimper rapidement le nombre total d’applications sur une saison.

 

Même en agriculture biologique, la culture du pommier nécessite de nombreux traitements pour contrôler tavelure, maladies et ravageurs. Les produits utilisés sont différents de ceux de la chimie de synthèse, mais la fréquence d’intervention reste élevée pour obtenir des fruits commercialisables.

 

Même l’intérieur de la pomme est contaminé, la laver ou l’éplucher ne suffit pas à la débarrasser des pesticides !

 

Du fait de la structure de la pomme, dont la peau fine et la chair perméable facilitent la diffusion des substances, ainsi que des cavités de la queue et du calyx qui constituent des points d’entrée directs, les pesticides pénètrent au-delà de l’épiderme et atteignent la pulpe interne, voire le cœur du fruit. Contrairement à une idée répandue, laver ou éplucher la pomme ne permet pas d’éliminer la majorité des résidus, car ceux-ci sont présents non seulement à la surface mais aussi dans la chair, en particulier pour les pesticides systémiques absorbés par la plante. Ainsi, une part significative du fruit reste contaminée, ce qui le rend particulièrement exposé aux résidus phytosanitaires dans les cultures conventionnelles intensives.

 

Le raisin :

La vigne, très sensible aux maladies, nécessite un nombre particulièrement élevé de traitements. La viticulture en climat tempéré est fortement dépendante des fongicides en raison de maladies comme le mildiou et l’oïdium.

Dans certains bassins viticoles français, les vignes peuvent recevoir 20 à 30 traitements par an, la majorité (plus de 75 à 80%) étant des traitements fongicides. Pour le mildiou seul, des moyennes supérieures à 10 traitements par an ont été rapportées dans des régions comme le Gers ou Cahors, auxquels s’ajoutent les traitements contre l’oïdium et d’autres bioagresseurs.

Source : DRAAF Occitanie, 2021, Usage des fongicides dans les bassins viticoles d’Occitanie - Agreste Études n°1

Le raisin de table, destiné à être consommé directement, provient ainsi de systèmes où l’usage des fongicides est massif, avec des risques de résidus sur les fruits et des impacts répétés sur les champignons du sol, les micro-organismes non ciblés et les arthropodes auxiliaires.

 

En agriculture biologique, la vigne doit également être traitée fréquemment pour contenir ces mêmes maladies. Les produits utilisés diffèrent de la chimie de synthèse, mais la fréquence reste élevée : les parcelles conduites en bio reçoivent en moyenne une quinzaine de traitements par an, principalement à base de cuivre et de soufre, parfois associés à des produits de biocontrôle. Ces substances, bien qu’acceptées en agriculture biologique, s’accumulent dans les sols et exercent elles aussi une pression sur les écosystèmes microbiens et la faune auxiliaire.

 

Les fruitiers particulièrement fragiles comme la pêche ou la nectarine ont des traitements équivalents, aucun fruit n’échappant à cette quantité de traitements et les fruits exotiques ne faisant pas exception.

 

La banane :

Les bananeraies industrielles en milieu tropical reposent souvent sur de grandes surfaces de monoculture, établies sur d’anciennes forêts ou mosaïques agricoles très diversifiées en faune et flore sauvage. Elles utilisent couramment des fongicides contre la cercosporiose noire, des insecticides, des nématicides et des herbicides comme le glyphosate pour limiter la végétation très luxuriante de ces régions. Dans certaines zones de production pour l’export, les bananeraies peuvent recevoir une dizaine de traitements phytosanitaires par an en moyenne, dont une majorité de fongicides, avec parfois des applications beaucoup plus fréquentes lorsque des programmes de pulvérisation aérienne sont utilisés pour contrôler les maladies foliaires.

 

Les parcelles bananières traitées au glyphosate enregistrent une diminution des invertébrés du sol, dont les prédateurs et les détritivores. Ces résultats illustrent la capacité de ces systèmes à réduire fortement la faune du sol, en détruisant l’habitat et les ressources alimentaires de la faune sauvage.

 

Les agrumes et autres fruits tropicaux :

Les agrumes (oranges, mandarines, citrons, pamplemousses) sont sensibles à de multiples maladies (cancres, pourritures, maladies à vecteur, champignons) et ravageurs (aleurodes, pucerons, mineuses, psylles), ce qui justifie l’usage récurrent de fongicides, d’insecticides et parfois d’herbicides dans les plantations intensives. Dans plusieurs bassins de production, les vergers d’agrumes peuvent recevoir, selon la pression parasitaire et les conditions climatiques, de l’ordre d’une dizaine à plusieurs dizaines de traitements par an, en particulier en fongicides et insecticides.

 

Dans plusieurs régions tropicales, des cultures comme la mangue, l’ananas ou la papaye se sont développées en vergers ou plantations à grande échelle, remplaçant des paysages auparavant riches en habitats naturels et en biodiversité.

Des travaux menés sur les vergers de manguiers à La Réunion montrent que l’extension et l’homogénéisation de ces vergers favorisent certains ravageurs, comme le thrips sud‑africain des agrumes, un insecte qui s’attaque aussi bien aux agrumes qu’aux manguiers, et peuvent augmenter leurs dégâts. Cette concentration d’une seule ressource végétale accroît la dépendance aux traitements chimiques ou, au mieux, à des dispositifs de biocontrôle intensifs, tout en réduisant la diversité de la faune sauvage dans le paysage.

Source : Jacquot M., 2016, "Biodiversité et fonctionnement écologique des agroécosystèmes à base de manguiers à La Réunion", Thèse de doctorat, Université de La Réunion / Cirad.

Le transport des fruits dans le monde

La demande de fruits frais toute l’année entraîne un flux continu de transport réfrigéré par camion, bateau et parfois avion, avec une consommation énergétique élevée et des émissions de gaz à effet de serre associées.

À titre d’ordre de grandeur, on peut comparer l’empreinte carbone de 1 kg de fruits selon le mode de transport : pour un fruit local de saison consommé près de sa zone de production, les émissions liées au transport se situent souvent autour de 0,2 à 0,5 kg de CO₂ par kilo, tandis que pour un fruit importé par bateau depuis l’hémisphère Sud, l’impact du transport seul se situe généralement autour de 0,5 à 0,7 kg de CO₂ par kilo. En revanche, lorsqu’un fruit est transporté par avion, les émissions peuvent atteindre 10 à 11 kg de CO₂ par kilo, comme pour la mangue importée par avion, soit un impact environ 20 fois supérieur à celui d’un fruit importé par bateau et plusieurs dizaines de fois plus élevé que celui d’un fruit local de saison. (1) À ces niveaux, l’empreinte climatique d’1 kg de mangues transportées par avion devient comparable, voire supérieure, à celle d’1 kg de certaines viandes comme le poulet ou le porc nourri aux céréales, qui se situent autour de 4,5 à 7 kg de CO₂ par kilo selon les estimations de l’ADEME. (2)

Sources : 1) Base Impact CO₂, Août, ADEME ; 2) Base Agribalyse, ADEME.

Le transport maritime de fruits permet ainsi de consommer toute l’année des fruits exotiques et des fruits hors saison cultivés dans l’hémisphère Sud, dont nous n’avons pas besoin sur le plan nutritionnel. Cela nous habitue malheureusement à manger des fruits bien au‑delà de leur période naturelle de production. Cette disponibilité permanente a transformé une consommation qui devrait rester saisonnière en une abondance continue. Elle entraîne une dépense énergétique supplémentaire tout au long de l’année. Elle génère aussi des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être largement réduites en privilégiant des fruits locaux consommés pendant leur saison naturelle de récolte et de pleine maturité.


La conservation des fruits frais sur une longue période pour une disponibilité continue

Depuis quelques décennies, les recommandations de consommer des fruits frais chaque jour, y compris hors saison, vont à l’encontre de la logique naturelle et saisonnière. Pour rendre cela possible, il faut mettre en place tout un système de conservation en entrepôts réfrigérés, parfois associés à des atmosphères contrôlées et à l’utilisation de gaz spécifiques qui ralentissent la maturation, comme le contrôle de l’éthylène ou l’emploi de molécules de type 1‑MCP. Ces infrastructures sont très gourmandes en énergie et mobilisent des surfaces importantes, ce qui augmente encore l’empreinte environnementale des fruits stockés sur de longues périodes.


Une consommation réellement saisonnière, recentrée sur les périodes locales de production, permettrait de réduire fortement ces besoins en stockage prolongé et en réfrigération, avec à la clé une dépense énergétique moindre et un impact climatique réduit.


Il ne faut pas oublier d’y ajouter l’impact des emballages nécessaires au stockage, au transport et à la commercialisation : caisses, cartons, films plastiques et conditionnements individuels. Certains fruits sont même proposés déjà épluchés et emballés à l’unité, alors qu’ils se conservent naturellement mieux avec leur peau et n’auraient pas besoin d’être emballés, ce qui rend ce type de présentation d’autant plus aberrant.


Le coût énergie de la transformation des préparations à base de fruit

Les fruits transformés (jus, confitures, compotes, concentrés, fruits surgelés, glaces, desserts lactés aux fruits, confiseries) nécessitent des volumes de production bien supérieurs à ceux qu’impliquerait une simple consommation de fruits frais. Ces préparations à base de fruits encouragent une surconsommation quotidienne de fruits en toute saison. D’autant plus que, dans l’esprit du public, elles sont généralement perçues comme des aliments sains ou, au minimum, comme une option moins mauvaise pour la santé, ce qui est discutable au regard de la surconsommation de sucre qu’elles entraînent presque systématiquement.


La transformation elle-même consomme beaucoup d’énergie pour le lavage, le broyage, la cuisson, la concentration, la surgélation, la stérilisation, le conditionnement, puis la réfrigération ou la congélation des produits finis.


Les filières des jus de fruits (issus de fruits tempérés comme de fruits tropicaux) reposent sur de très vastes plantations en monocultures intensives, souvent installées sur des écosystèmes initialement très riches en biodiversité, notamment pour les jus d’orange et de fruits exotiques. Les cultures de pomme, de raisin et d’autres fruits couramment utilisés pour la fabrication de jus en climat tempéré sont tout aussi délétères pour la biodiversité lorsqu’elles sont conduites en monoculture intensive. Dans les zones tropicales, la dégradation est encore plus rapide : la fragilité des sols (fortes pluies, pentes, sols peu profonds) rend ces conversions particulièrement destructrices, car une fois défrichés et cultivés de façon intensive, ces sols perdent rapidement leur structure, leur fertilité naturelle et leur capacité à abriter une biodiversité dense.


Conclusion

En matière d’impact écologique, la production de produits animaux nourris aux céréales et élevés en systèmes intensifs est régulièrement pointée du doigt, et cela à juste titre. La filière végétale, en particulier celle des fruits, mériterait toutefois d’être réévaluée en profondeur. La surconsommation de fruits a contribué à mettre en place une production intensive mondiale particulièrement destructrice pour l’environnement, en entretenant une consommation continue et surabondante d’un groupe d’aliments qui, à l’origine, n’était destiné qu’à une consommation occasionnelle et saisonnière.


Ces formes de production destructrices, qu’il s’agisse de l’élevage dépendant des céréales ou des grandes monocultures fruitières, pourraient être largement limitées par le choix d’une alimentation plus écoresponsable et plus sobre en glucides. Une telle approche donnerait une place plus importante à une grande diversité de légumes et de petites baies, ainsi qu’à des produits animaux issus de systèmes herbagers, en pâturages diversifiés. Elle favoriserait des systèmes de culture et d’élevage qui contribuent à restaurer les écosystèmes, tout en réduisant la pression exercée par les monocultures intensives de fruits et de céréales.

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